Pour les adolescentes Shree et Visali, aller à l’école signifie échapper à un avenir déterminé pour elles à leur naissance.
 ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌  ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ ‌ 
View in your browser
Assembly

6 décembre 2018 | Volume 1, Issue 6
  Note de notre éditrice :
Dans ce numéro, vous ferez la connaissance de Shree, 16 ans, et Visali, 17 ans, qui vivent en Inde. Les deux amies ont de grands espoirs pour l’avenir, mais dans leur communauté, les filles n’ont pas toujours l’occasion de réaliser leurs rêves.

Shree et Visali appartiennent à la caste indienne Dalit, une communauté marginalisée jugée impure et intouchable par le système hindou de hiérarchie sociale. Pendant plusieurs générations, ce système a forcé les communautés Dalit à se contenter d’emplois subalternes et à éviter les contacts physiques avec les personnes appartenant à des castes plus élevées.

Dans une interview pour le numéro d’aujourd’hui, Shree et Visali abordent leur éducation, leurs espoirs pour l’avenir et la manière dont les filles Dalit sont freinées.

Tess
 
 
Q&A
 
 
 
Intouchables et inarrêtables : deux camarades de classe en Inde changent leur destin.
Shree and Vaishali
  Par Bhumika Regmi
Ces rêves étaient impossibles par le passé pour les filles Dalit, mais aujourd’hui, les règles sont plus souples. Les parents de Shree et Visali peuvent travailler comme marchands de thé, tailleurs ou commerçants. Mais de nombreuses jeunes filles n’ont toujours pas la liberté dans leur communauté, ou tout simplement pas les moyens, de choisir leur voie professionnelle.

« Comme la plupart des filles, je n’aurais pas eu l’argent nécessaire pour m’offrir une école publique. Au lieu de cela, j’aurais dû travailler pour aider ma famille et j’aurais vite été mariée de force, » explique Visali sur la vie qu’elle aurait eue si elle n’avait pas reçu une bourse pour devenir élève de Shanti Bhavan, un pensionnat gratuit. Cette école accueille les élèves talentueux issus de familles à faible revenu et a recruté Visali et Shree lorsqu’elles avaient 4 ans.

Pendant leur pause repas, j’ai pu discuter avec Shree et Visali de leur école, de leurs objectifs et de la difficulté à trouver un équilibre entre deux mondes.

Bhumika (B) : Parlez-moi un peu de vous et de vos familles respectives.
Visali (V) :
Je suis en terminale. J’étudie la biologie car je veux être médecin plus tard, ou peut-être même ingénieure en mécanique. J’aime jouer au foot, danser et regarder des films d’actions et des comédies cool. Mon père travaille dans une échoppe à thé et ma mère est couturière. J’ai deux frères, qui vont aussi à l’école.

Shree (S) : J’ai choisi le commerce, je veux travailler avec les ordinateurs. Mais je veux aussi être joueuse de foot professionnelle. Je veux d’abord faire des essais au niveau fédéral, puis national. De cette manière, je pourrai pousser les autres femmes à faire du sport. La plupart des gens pensent que le foot est réservé aux garçons, mais les filles peuvent être sportives aussi. Je suis en terminale, comme Visali. Ma famille est composée de ma mère et de ma sœur aînée. Ma mère travaille dans une bijouterie. Son salaire sert pour le loyer, les dépenses liées à la maison et l’école de ma sœur.

B : Comment votre éducation a affecté votre relation avec votre communauté ?
S :
Les filles de mon village ne cherchent pas à faire des études. Les gens pensent qu’une fois qu’une fille est mariée, son mari travaillera pour l’entretenir, alors elles ne ressentent pas le besoin de s’instruire si c’est juste pour rester à la maison ensuite. Et j’ai du mal à faire accepter mes projets dans mon village.

V : Ils n’acceptent pas toujours les filles que nous sommes devenues. On dit ce qu’on pense et ça nous fait sortir du lot. Dans mon village, les filles sont confinées chez elles. Là-bas, on m’apprend à parler et me comporter d’une certaine manière mais je ne suis plus cette personne-là. Beaucoup de membres de ma famille n’aiment pas que j’exprime mes opinions. Mais dès que je le peux, j’essaie de leur apprendre ce qu’on m’enseigne à l’école.

B : Quels changements avez-vous pu constater au sein de vos familles respectives depuis que vous allez à Shanti Bhavan ? Est-ce qu’elles soutiennent vos rêves ?
S :
Quand je rentre à la maison, je donne des cours particuliers à ma sœur et je l’aide pour ses examens. J’aide aussi ma mère à équilibrer ses finances. J’ai essayé de créer un changement dans ma famille parce que je pense que c’est comme ça qu’il y aura un changement plus grand dans ma communauté. Et maintenant, ma mère veut que moi et ma sœur allions dans une école de médecine. Elle économise même pour ça.

V : Ma famille me soutient. Ils savent que je suis la seule à pouvoir briser le cercle de la pauvreté. Ils ne peuvent pas attendre la même chose de la part de mes frères parce que l’éducation que j’ai reçue est très différente de la leur. Mes parents me considèrent comme leur seul espoir.

B : Qu’est-ce qu’être Dalit signifie pour vous ?
V :
À l’école, on ne parle pas de castes. Mais en dehors de l’école, cela a encore un sens pour nous. Nous sommes considérés comme des intouchables. On n’est pas censés interagir avec les autres castes. À l’école, on est amis avec tout le monde et l’endroit d’où on vient n’a pas d’importance. On se concentre uniquement sur les études et sur ce qu’on veut faire.
 
 
 
Soyez publiée dans Assembly !
 
  Assembly publie des œuvres originaux par les filles pour les filles. Nous aimerions beaucoup publier votre histoire ! Envoyez-nous vos idées et vous pourriez figurer dans le prochain numéro.
 
Facebook Twitter Instagram